Le transcontinental express quitta San Francisco à heure fixe. Trois mille kilomètres à traverser — les Grandes Plaines, les Rocheuses, les déserts — avant d'atteindre Chicago et New York.
Dans les grandes plaines du Wyoming, des milliers de bisons bloquèrent la voie pendant trois heures. M. Fogg nota le retard, ne dit rien, et attendit.
Près du fort Kearney, le train fut attaqué par des Sioux. L'engagement fut violent. Le mécanicien et le chauffeur furent blessés, puis le train stoppa net — le tender dételé. Passepartout, avec trois soldats, tenta de détacher le fourgon de tête. Il fut capturé.
M. Fogg donna au conducteur du train l'ordre de repartir avec les passagers. Puis il organisa lui-même un groupe de volontaires et repartit à pied vers le fort Sioux pour libérer Passepartout.
Ils revinrent seize heures plus tard. Passepartout était sain et sauf. Le train était parti. Il n'y en aurait pas d'autre avant deux jours.
C'est alors qu'un Américain leur proposa un traineau à voile — une luge géante équipée d'un mât. Vent de nord-ouest, cinq degrés sous zéro, deux cents kilomètres à couvrir. En cinq heures, ils atteignirent Omaha.