M. Madeleine avait appris qu'un homme venait d'être arrêté à Arras sous le nom de Jean Valjean. Cet homme allait être condamné aux travaux forcés à perpétuité à sa place.
Il passa la nuit à se débattre avec lui-même.
D'un côté : la fabrique, les ouvriers qu'il faisait vivre, le bien qu'il faisait dans la région. De l'autre : un innocent qui allait pourrir au bagne pour un crime qu'il n'avait pas commis.
Il pouvait se taire. Personne ne saurait jamais. Il pouvait continuer d'être M. Madeleine — cet homme bon, respecté, utile.
Il pouvait aussi se dénoncer. Perdre tout ce qu'il avait bâti. Retourner au bagne. Abandonner Fantine et sa promesse de ramener Cosette.
Jusqu'à l'aube, il se débattit. Et à l'aube, il harnessa son cheval et prit la route d'Arras. À l'audience, il se leva et dit aux juges :
"Laissez aller cet homme. Je suis Jean Valjean."