Le capitaine Nemo m'expliqua un soir les secrets de l'énergie du Nautilus, avec une précision qui trahissait son plaisir à partager ses découvertes.
"Tout, à bord, fonctionne grâce à l'électricité. La lumière, la chaleur, la propulsion, les instruments. Je tire cette électricité de la mer elle-même. Le chlorure de sodium que contiennent les eaux marines est décomposé par une pile de mon invention. Le sodium ainsi obtenu se combine aux autres éléments pour produire un courant puissant et continu."
Nemo me montra ses dynamos, ses accumulateurs, son système de propulsion. La puissance dégagée était considérable. Le Nautilus pouvait atteindre cinquante milles à l'heure en plongée, une vitesse que nulle marine au monde ne pourrait égaler.
"Mais l'électricité, monsieur, dit-il encore, c'est la vie même. C'est la force qui meut les muscles des êtres vivants. Je ne fais que reproduire ce que la nature a inventé."
J'étais fasciné par cet homme. Son intelligence était d'une étendue et d'une originalité que je n'avais encore jamais rencontrées. Mais derrière la science, derrière cette maîtrise absolue de la matière, il y avait quelque chose de douloureux que je ne parvenais pas à saisir.