Une nuit, le capitaine Nemo vint me chercher sans un mot. Il me conduisit à travers les couloirs jusqu'au sas de plongée. Nous enfilâmes les scaphandres et sortîmes dans les ténèbres de l'océan Atlantique.
Il me guida sur un chemin qu'il connaissait visiblement par cœur, dans une obscurité éclairée seulement par nos lampes sous-marines. Nous descendîmes. Trois cents mètres, quatre cents. La pression était formidable — que les scaphandres de Nemo résistaient cependant sans peine.
Et soudain, dans le faisceau de ma lampe, je vis quelque chose que je crus être une illusion. Des colonnes. Des colonnes de pierre, régulières, travaillées. Des murs. Des escaliers. Les restes incontestables d'une architecture humaine, à quatre cents mètres de fond.
L'Atlantide. La cité légendaire dont Platon avait parlé. La cité que les hommes cherchaient depuis deux mille ans. Elle était là, sous nos pieds, ensevelie par quelque cataclysme antique dans les profondeurs de l'Atlantique.
Nemo me laissa contempler en silence. Puis il leva la lampe vers ce qui avait dû être un temple, et sur le linteau de pierre, à demi effacées mais encore visibles, des inscriptions dans une langue inconnue. Il hocha la tête lentement, comme s'il confirmait une conviction ancienne.
Nous remontâmes sans avoir échangé un seul mot.